La revue médicale « Prescrire » vient de publier sa liste de médicaments jugés « plus dangereux qu’utiles » et qui sont à éviter.  Décontractyl et des produits contre la toux en font partie.

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Comme chaque année depuis 2010, la revue indépendante « Prescrire » a publié sa liste noire des médicaments « plus dangereux qu’utiles » dont certains aux « effets indésirables graves ». Cette liste a été établie après des analyses publiées dans la revue durant neuf ans.

Cette année, 93 médicaments, dont 82 en France, font l’objet d’un signalement par la revue. Il s’agit de médicaments dont « le rapport bénéfices-risques est défavorable dans toutes les situations cliniques pour lesquelles ils sont autorisés », précise la revue.

• De nouveaux médicaments à l’index.

Six nouveaux médicaments sont ajoutés à cette liste, on y trouve : 

– Le Décontractyl (comprimés ou baume), prescrit pour soulager les douleurs des contractures musculaires. Ses effets indésirables dus au principe actif, la méphénésine – somnolences, nausées, vomissements, réactions allergiques graves et abus et dépendances (effets psychotropes) – sont mis en cause. Sous forme de pommade, ce médicament est susceptible de provoquer des atteintes cutanées graves. 

– L’antitussif à base d’oxomémazine, composant de nombreux produits (Toplexil et génériques dont Humex toux sèche oxomémazine), qui a des propriétés neuroleptiques, expose également à des « effets indésirables disproportionnés ».

 Rectogesic,  pommade pour fissures anales, « pas plus efficace qu’un placebo », est  susceptible d’entraîner des maux de tête fréquents, ainsi que la cimétidine  (Cimétidine Mylan et autres), autorisée pour des troubles, type brûlures d’estomac et renvois acides. 

Arthrose, rhume…  des médicaments de nouveau signalés

Pour l’arthrose, deux médicaments à écarter car « ils n’ont pas d’efficacité démontrée au-delà de l’effet placebo, et des effets indésirables démontrés »: troubles digestifs et hémorragies digestives pour le diacéréine, réactions allergiques et hépatites pour la glucosamine (Voltaflex ou autres). « Prescrire » précise en outre qu’à ce jour on ne connaît pas de médicament agissant sur l’altération des articulations avec une balance bénéfices-risques favorable.

« Prescrire » rappelle que des médicaments contre le rhume comme les vasoconstricteurs décongestionnant par voies orale ou nasale (l’éphédrine, la naphazoline, l’oxymétazoline, la phényléphrine, la pseudoéphédrine qui est contenue dans une dizaine de médicaments et le tuaminoheptane) exposent à un risque de troubles cardio-vasculaires graves, voire mortels (poussées d’hypertension, AVC, troubles du rythme cardiaque). 

Trois médicaments ont été retirés : un antibiotique qui n’est plus sur le marché mondial (Ketek) et deux autres car de nouvelles données sont en cours d’analyses: l’Uptravi (pour une maladie rare) et l’anticancéreux Olaparib / Lynparza. 

Votre médicament est-il concerné ?

Pour savoir   si votre médicament est mis en cause, « Prescrire » classe les 93 médicaments selon 12 classes thérapeutiques : cancérologie-hématologie, cardiologie, dermatologie-allergologie, diabétologie-nutrition, douleur-rhumatologie, gastro-entérologie, infectiologie, neurologie, gynécologie, endocrinologie, pneumologie-ORL, psychiatrie-dépendances.

Pour chaque médicament mentionné, la revue démontre précisément les raisons pour lesquelles la balance bénéfices-risques est jugée défavorable.

Consultez la liste noire des médicaments 2019 sur le site de « Prescrire »:
Téléchargez ou consultez le fichier en cliquant sur le bouton ci-dessous. 
Si votre médicament est sur la liste noire, n’arrêtez pas votre traitement de vous-même, consultez et parlez-en à votre médecin.

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